Anaglyphes (images à regarder avec les lunettes rouge-bleu) : explications et mode d'emploi pour en faire vous mêmes

Publié le par Eric Durand





Exemple d'anaglyphe (photo prise à Evry, à regarder avec lunettes rouge-cyan)



Matériel
 :

  une paire d’images (voir galerie)

-  logiciel de traitement d'images comme Paint Shop Pro ou Photoshop. Vous pouvez télécharger des versions d'évaluations  valable quelques jours .
- lunettes spéciales (filtre rouge devant l'oeil gauche, filtre bleu-vert devant l'oeil droit). Si vous n’en avez pas, essayez de vous en bricoler avec du plastique transparent (emballages, papier cadeau, protège cahier, intercalaires... )

Si vous avez la flemme de fabriquer des anaglyphes vous mêmes il y en a plein sur le net ! (et même des vidéos)


Méthode ultra-rapide

Lancez le logiciel graphique .

Ouvrir la vue de gauche choisie
Faire "séparer les couches, option RVB".
Fermer toutes les images sauf  la couche "Rouge"  (fermer même l'image de départ)

Ouvrir la vue de droite
Faire "séparer les couches", option RVB
Conserver uniquement la couche verte et la couche bleue (fermer l'image de départ), plus la couche rouge de l’autre image (de l’étape précédente)

Instruction "fusionner les couches" .  Vous obtenez alors un "anaglyphe" , à regarder sur votre écran avec les fameuses lunettes rouge-bleu .


Explication

Si on replie sur elles mêmes des lunettes rouge-turquoise de vision 3D, on voit ... qu'on ne voit rien!  En effet un filtre rouge bloque  la lumière bleue et verte, et inversement.  D’où l’idée simple : 

- en teintant en rouge  l'image de gauche  elle ne sera vue que par l'oeil gauche ;

- si  l’image de droite  est  teintée vert-bleu  elle ne sera vue que par l'oeil droit .

Comme chaque oeil ne voit que « sa » vue ... on verra en relief !

 

Là ou ça se complique un peu c’est qu’en fait  un anaglyphe  est  une image unique qui est en fait  l’addition de ces deux images (gauche-rouge et droite-turquoise) fusionnées en une seule.  Vous pouvez d’ailleurs voir ces deux images différentes quand (avec les lunettes sur le nez) vous n’utilisez qu’un oeil.  Cette histoire d’addition mérite d’être approfondie .

 

 

D’abord, la lumière « blanche » est en fait un mélange de couleurs . On le voit bien avec l’arc en ciel  (ou les irisations à la surface d’un CD)  qui décomposent la lumière blanche et montrent de quoi elle est faite.

 

Mais en pratique, pour donner à l’oeil une impression de blanc, il suffit  de lui envoyer en même temps  du Rouge,  du Vert et du Bleu en quantité égales. Si vous regardez à la loupe une zone blanche de l’écran d’un ordinateur , vous verrez ceci :

 

Bien sûr , pour avoir du rouge sur un écran de PC seuls les  pixels rouges seront allumés ; pareil pour le vert et le bleu.   Par contre, (plus intéressant...) une zone turquoise (« cyan ») sera faite seulement de points verts et bleus, les rouges étant éteints . Une zone magenta (rouge tirant sur le violet)  sera elle faite de points rouges  et bleus ... Et  regardez à la loupe une zone jaune ... elle est en réalité faite exclusivement de points rouges et verts !

 

 En fait, en « dosant » la luminosité des points rouges, verts et bleus d’un écran de télé ou de PC, on peut arriver à recréer des millions de nuances de couleurs ... 

(par ex, si cette luminosité se règle sur une échelle de 0 à 256, on aura donc 256 x 256 x 256 couleurs possibles ... soit plus de 16 millions de couleurs . )

 

Cette technique pour recréer des couleurs en envoyant en même temps une certaine quantité de rouge, vert, bleu dans l’oeil  s’appelle « synthèse additive de la couleur.

 

En clair, ça veut dire qu’une image que vous voyez à la télé ou sur l’écran de votre PC peut être vue comme  faite de trois « sous-images »  ou  « couches »:

- une  uniquement faite de points rouges  plus ou moins « allumés »

 - une uniquement faite de points bleus plus ou moins « allumés »

- une uniquement faite de points verts plus ou moins « allumés »

 Vous comprenez maintenant ce que nous avons fait avec le logiciel.  Celui-ci peut séparer n’importe quelle image en trois couches « Rouge-Vert-Bleu »  .

Si l’oeil reçoit en même temps ces trois images   alors il verra des couleurs naturelles.

 

Lorsque vous observez un anaglyphe il se passe donc DEUX choses.


- chaque oeil voyant la vue correspondante, le cerveau recalcule les distances ... vous voyez le relief .  
De plus

- l’image de gauche apporte la couche « rouge », l’image de droite les couches  « verte » et « bleue » ; la vision simultanée des vues gauche-droite provoque donc aussi pour le cerveau  une synthèse additive de couleurs ; c’est pourquoi  les couleurs d’un bon anaglyphe sont -à peu près- naturelles.

 

 

Remarque :

Ces explications conviennent parfaitement si vous observez un écran (ou une image vidéoprojetée) . Mais si vous imprimez un anaglyphe, ne cherchez pas de points rouge-vert-bleu... En effet les couleurs d’une impression sont elles obtenues par synthèse « soustractive » utilisant  le blanc du papier + trois encres (jaune, cyan, magenta) .


Ex:  une zone verte sera constituée de papier blanc couvert de taches jaunes (qu’on doit voir comme un filtre jaune transparent) elles mêmes recouvertes de taches cyan (bleu-vert) . En fait il se passe le phénomène bien connu : en superposant deux filtres ( jaune et bleu) devant une lumière blanche on obtient du vert (la seule couleur capable de traverser les deux filtres) . Il s’agit là d’une synthèse « SOUSTRACTIVE »  (pour obtenir une couleur, on part de toutes (le blanc) et on en enlève.

 

 

 

 

 

 



Publié dans (profs) projet 3D

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article